I. LA SENSATION DES COULEURS (11)

Publié le par Philtomb

  21. Encyclopédie des Couleurs.


  CODE SYMBOLIQUE : LE ROUGE : du latin rubeus, qui désigne une teinte de la couleur du sang ou du coquelicot. Le rouge est placé à l'extrémité du spectre visible, correspondant aux grandes longueurs d'ondes. C'est en Art l'une des trois couleurs primaires : associé à son complémentaire, le vert, il donne du blanc.

  Le rouge est la couleur chaude par excellence, dynamique, brutale, exaltante jusqu'à l'énervement. C'est la couleur guerrière, celle de l'amour vainqueur et de l'émotion. Le rouge figure toujours en bon rang dans le choix des préférences les plus manifestes, en seconde place derrière le bleu. C'est une couleur préférée souvent par les enfants, les primitifs : il s'agit d'une teinte ostentatoire, comme en témoigne le maquillage des lèvres, du nez, du front, des doigts ou de la poitrine.

  Dans la tradition hébraïque, Adam, le nom du premier homme, signifie "rouge", de même que dans l'étymologie slave, "rouge" sert à signifier "vivant et beau". Perçu comme la couleur du sang et de la vie, le rouge est utilisé pour sa faculté d'éloigner la mort, ou encore, il représente l'hommage du mort au défunt, comme sur les vases chinois d'origine funéraire. De même, pour le monde chrétien antique, le rouge est l'une des couleurs de la Vierge : signifiant l'amour divin, cette couleur liturgique est portée aux fêtes de l'Esprit Saint, des Martyrs, pour la Passion et la Pentecôte.

  En Héraldique, le rouge vif, qui se dit "gueules", signifie amour, hardiesse, mais aussi colère ou cruauté. Enfin, l'Histoire révèle que ce mot désigne les partisans de l'action révolutionnaire et des groupements politiques de Gauche : le drapeau rouge, l'œillet ou la rose rouge sont leurs symboles.

 


Le Petit Chaperon Rouge par Albert Anker (1883)

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_Chaperon_rouge et http://expositions.bnf.fr/rouge/index.htm


 Extrait de La vie en couleurs par Arthur RAINBOW.

 


22. Association de couleurs.


 Devant Lemon, la grande avenue est bien droite. Il n'y a pas beaucoup de circulation, comme toujours entre midi et deux heures. Des camions ou des voitures officielles, quelques engins agricoles se rendant d'un pan de colline à un autre par cette route. Rien d'inchangé.

  Au bout de l'avenue qui tranchait dans le paysage jaunâtre des collines, il y a encore un virage, d'où l'on voit une lointaine chaîne de montagnes, bien au delà du mur de la zone. Une chaîne nette et dure dans le ciel sans nuages. Puis on entre dans la zone d'ombre, juste avant le chemin qui conduit à l'Observatoire, le lieu de travail de Lemon. Ce dernier se répète qu'il connaît tellement la route qu'il pourrait presque la faire les yeux fermés. Pourtant, aujourd'hui, il y a quelque chose de différent. C'est comme s'il venait ici pour la première fois. Chaque arbre, pylône, borne, chaque mur, chaque maison, tandis qu'il passe, surgit avec une clarté douloureuse, s'inscrit une nouvelle fois au fond de lui pour toujours. Peut-être qu'il ne les avait jamais regardé comme aujourd'hui, avec cette attention fiévreuse. Il y a la peur aussi, au fond des choses. Les lignes glissent, haies rapides, poteaux, talus jonchés de tâches étranges et indéfinies. C'est la route qui avance, pas la voiture. C'est la terre qui se déroule sous la Ford, et qui lance ses objets, ses images, ses souvenirs. Il voudrait fermer les yeux, il sent une sorte de lassitude au fond de lui, mais son regard reste fixé sur la route, sans comprendre tout à fait ce qui l'attire.

  La route n'est plus dorée.

  Elle n'est plus uniquement dorée.

  Et Emerald, assise sur le siège passager de la voiture, regarda Lemon pour la millième fois.

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