6. Encyclopédie des Couleurs.
LES COULEURS DE LA PLUIE : à la différence des étranges pluies d'animaux (morts ou vivants) et d'objets, qui sont encore classées parmi les phénomènes paranormaux ou du
moins parmi les faits inexplicables, les différentes observations de « pluies de sang » ont aujourd'hui trouvé des explications rationnelles scientifiques. Dès l'Antiquité, des textes nous ont
rapporté des « pluies de chair et de sang », parfois accompagnées d'autres matières déchiquetées diverses, animales ou végétales.
Souvent perçues comme d'origines divines et annonciatrices de fléaux ou d'épidémies, ces pluies étaient redoutées des populations comme de leurs souverains. Les récits les plus connus
datent du 1er siècle (Pline l'Ancien), de 582 (Grégoire de Tours), de 1501 (en Allemagne), 1608 (Italie), 1810 (Roumanie), 1947 (France) et 1968 (Brésil).
Sans en décrypter l'origine ni le véritable mécanisme, la science actuelle explique le phénomène par une conjugaison selon les cas de sables sahariens, de pollens, de particules d'oxydes
de fer ou de sangs d'animaux, transportés tour à tour par un orage, une tornade ou les courants ascendants maritimes.
Gravure représentant une pluie de sang à Lisbonne (1551)
Sources : http://www.rr0.org/data/pluies/sang/ et
http://www.france-pittoresque.com/legendes/56.htm
Extrait de La vie en couleurs par Arthur RAINBOW.
7. Salon Empire
Le conseiller grisâtre de White était penché sur le corps sans vie du garde, tandis que cinq autres policiers inspectaient minutieusement les lieux. Derrière lui, sur un bloc de papier
blanc laiteux à en tête, un vigile prenait les notes qu'il lui dictait rapidement, sans émotion. Il savait déjà que le corps avait été trainé jusque derrière le bureau de Light Blue, employé
matricule 4444D3 du Cube, il avait aussi pris connaissance du disque dur effacé, de l'absence de l'arme, du passe et du badge normalement portés par l'homme assassiné.
Où était ce Light Blue ? Il ne se souvenait plus de la raison exacte qui l'avait conduit à signer l'ordre de l'arrestation de Blue quelques heures auparavant, et ce détail l'ennuyait
profondément, lui d'ordinaire si méticuleux et à la mémoire sans faille. Mais comment pouvait-il réfléchir sereinement avec ce désordre, ces sirènes, ces hommes qui couraient en tous sens et le
Président White qui préférait demeurer discret. Trop discret... Il voyait la foule en contre bas, contemplative de la destruction. Comme toujours.
Il repensa à un moment de son enfance, quand son père l'avait réprimandé pour avoir taché avec un feutre le beau canapé du Salon Empire de leur maison au cœur de la forêt. Il avait eu
peur, mais ne pouvait s'empêcher de penser que le mal était fait, quoi qu'on fasse : la tâche était là, indélébile, et c'était une petite parcelle de pouvoir effritée pour son père, contre
laquelle il était impuissant.
Sous le Cube en flammes, combien au juste d'hommes, de femmes et d'enfants allaient désormais s'imaginer que White était vulnérable ?
Combien ?
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