III. LA LIBERTE DES COULEURS (7)

Publié le par Philtomb

  12. Feux


  Le Cube, déjà quasi totalement éteint, vide de toute lumière, ressemblait à une carcasse creuse. On n'y entendait plus ni le bruit des pas permanent dans les couloirs, ni les mouvements des véhicules, ni les sons produits par les différents appareillages informatiques et électroniques.

 Dans ce dédale rendu brouillon et obscure de par ses propres actes, Light Blue errait comme le dernier gardien d'un temple inconnu. Epuisé par la tension de ces dernières heures, qui avait extirpé de lui toutes ses énergies, l'homme se contenait de mouvoir son corps sans réfléchir, s'appuyant régulièrement pour reprendre son souffle et hésiter de nouveau sur une direction à prendre.

  Au sol, des papiers abandonnés. Dans l'air, toujours des odeurs acres de fumées et de résidus plastiques.

  Il ne voyait plus la signalétique qui, habituellement, guidait les employés vers les différents services.

 Subitement, son nez distingua une odeur douce amère qu'il reconnu immédiatement. Les oranges. La serre présidentielle. Son anxiété s'apaisa un peu.

 C'est alors qu'il entendit une voix derrière lui. En se retournant brusquement, il ne vit qu'un homme.

 Une détonation. Un coup de feu ?

 Près de sa tête, un impact fit éclater un morceau de plâtre.

 Light ne sut jamais si l'homme qui le menaçait avait prononcé une quelconque parole, car, une fraction de seconde après, il avait disparu de son champ de vision, avalé par la nuit de l'autre côté du couloir. Le monstre avait comme été avalé par le labyrinthe.

Le silence, de nouveau...


 Le pied de Light buta sur un petit objet qui fut renvoyé quelques centimètres plus loin. En le cherchant à tâtons, Light trouva un petit briquet.

 Il l'alluma, et la flamme lui parut comme un phare sur le chemin de sa liberté.





  13. Like a candle in the wind


 La voie était libre mais incertaine. Un résistant s'élança le premier, courant à grandes enjambées silencieuses sur le tarmac. Il se plaqua contre le mur du bâtiment de maintenance, jeta un regard bref de l'autre côté de ce dernier, et fit un signe en direction de Flag. Puis l'homme s'appliqua à crocheter la serrure de la porte latérale, ce qu'il fit en moins de dix secondes. Entre temps, la Commandante Flag s'était élancée à son tour, suivie par deux autres hommes, ainsi que par Lemon et Emerald, désormais inséparables.

 
 Tous s'engouffrèrent dans le bâtiment, à l'abri des regards.

  Quand leurs yeux se furent habitués à l'obscurité, ils distinguèrent des rangées de sièges empilées les unes sur les autres, des étagères métalliques, des caisses et containers, et, dans l'angle, deux chariots élévateurs hors d'usage.

  Flag et les deux hommes qui la suivaient sortirent de leurs sacs d'étranges plaques caoutchouteuses sentant la gomme, et de petits déclencheurs électriques. Ils en disposèrent à deux des quatre angles du bâtiment, ainsi que sur l'un des chariots élévateurs. La minuterie fut réglée à 5 minutes et le dispositif actionné : une petite lumière se mit à clignoter par intermittence sur chacun des engins.

 Comme une étoile clignotante dans le ciel nocturne. Mais celle-ci avait de curieuses correspondances, car elle cherchait à se transformer en soleil.
 





Les Pléiades, amas ouvert d'étoiles jeunes situées dans la Constellation du Taureau, et observables dans l'hémisphère Nord . (Photographie du téléscope Hubble).

Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pl%C3%A9iades_(astronomie)


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