EPILOGUE : LE LANGAGE DES COULEURS (1)

Publié le par Philtomb

   EPILOGUE : 

LE LANGAGE DES DES COULEURS


 

 

 

 1. Œuvre au blanc

 

  Le sentiment crée, dit-on, le lien avec l'existence. Pendant un temps, donc, j'ai aimé...
White marqua une pause, puis un soupir. Tous l'écoutaient attentivement, fascinés par l'individu, sa mue et son récit.


  C'était un peu avant la Fin ; elle s'appelait Cassis, une belle jeune femme aux cheveux noirs et intenses. Nous vécûmes comme de simples gens, entre le soleil et les calanques, les rires et les soirs d'orages. Puis, comme beaucoup, à la fois l'éternité, notre enfant - toi, Emerald - et la Mort. La folie destructrice.
 

  Une bombe ravagea un matin le port où elle vendait nos fruits et nos fleurs, et mes talents politiques d'alors n'y purent rien. Avec mon frère, déjà ministre de la culture de l'ancien gouvernement, nous nous sommes réfugiés dans une retraite éloignée des terrains d'affrontements, sur une île rude et solitaire.


  Nous avons écrits, parlés, vus...


  Puis nous avons recrutés des hommes, organisés des réseaux, préparés l'avenir. L'Après.


  Ensuite, tout est arrivé très vite : l'idée d'un Etat dirigiste, d'un contrôle absolu de la population, qui recherchait de toutes manières un espoir à son malheur, et qui...


 - Un espoir ? Son malheur ? Mais c'est vous qui... commença à s'insurger Flag


 - C'est moi qui ait été élu démocratiquement avec 97 % des voix, oui, la coupa le Président. Un record sans précédent dans l'Histoire, je pense. Et l'expression d'une volonté.


 - Ou celle du plus profond des désespoirs, lança Lemon Yellow, car enfin, la Résistance ; C.O.L.O.U.R.S.


 - La politique a toujours scindé les hommes, formé des camps, opposé anarchistes et rebelles à l'armée et aux autorités ; cette « Résistance » n'avait guère d'envergures, mais sans doute vous ai-je sous-estimé ? Quoi qu'il en soit, j'ai pu sauver l'essentiel : ma fille.


 - N'oublierais-tu pas un « petit » autre chose ? questionna le professeur Rainbow en s'adressant aussi bien à son frère qu'à l'entourage.


 - Hum... Oui en effet, je suppose que tu veux parler du Cube.


 - Effectivement !


 - Et bien quoi, le Cube ? dit Emerald.


 - Ah ah, et bien, en quelque sorte, c'est mon Œuvre au jaune, déclama White en se tournant vers Lemon. La recombinaison des éléments : une tâche ardue s'il en est. Laissez-moi vous expliquer...

 

 

 

 

  2. L'œuvre au jaune

 

 

 Petite cause, grands effets.


 Un papillon jaune.


 Un bocal contenant une eau bleue translucide, munie d'une étiquette Mer Méditerranée.


Light Blue s'était approché d'un casier contenant des pierres fines taillées : il observa un moment celle appelée Rubis, puis contempla une Emeraude.

 

 Le Glacier se souvenait parfaitement d'elle : une petite fille, déposée un matin par une voiture officielle à l'orée de la forêt, derrière le mur de la zone, alors encore en construction. Il était là par hasard, devant apporter des rafraichissements aux divers ouvriers employés sur le chantier. Comment n'avait-il pas reconnu en elle le regard de sa mère, cette magnifique vendeuse des mille saisons tuée dans l'horreur des bombardements ?

 

 Ainsi, elle était sa fille.

 Devant lui dans une grande vitrine protégée, un mannequin d'enfant portait une petite robe jaune et bleue.


 Elle aussi avait était un papillon.


 Le papillon magique d'un instant.


 Le Grand œuvre de White était bien là, cependant...

 

 

 

 

 

 

  L'alchimiste en son atelier par David Teniers  le Jeune (1610 - 1690)


Sources :
  http://www.cosmovisions.com/$Alchimie.htm

 

 

 

 


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